Art Africain Et Avant Garde a New York 100 ans apres L’Armory

C’est la première fois que ces œuvres africaines sont exposées. Les amateurs d’art pourront les découvrir au musée métropolitain d’Art à New York, le MET. Cette exposition, révèle plus de 60 œuvres, principalement des sculptures. Elles ont été rassemblées à New York durant les années 10 et 20.

Considérées comme avant-gardistes, ces œuvres proviennent essentiellement d’Afrique de l’Ouest. Les Etats-Unis ont reconnu l’art africain comme un art à part entière en 1913 lors de l’Armory Show, la toute première exposition à avoir fait découvrir l’art du continent aux New Yorkais.

Comment les objets africains ont été pour la 1ère fois reconnus en tant qu’art aux Etats-Unis est le sujet d’une nouvelle exposition au Metropolitan Museum of Art de New York. Cette exposition présente plus de 60 œuvres, principalement des sculptures qui ont été collectionnées au début du 20ème siècle.

Aux Etats-Unis, le début de la reconnaissance de l’art africain commence avec l’Amory Show de 1913. L’Armory Show était une présentation d’art historique qui a fait connaître pour la 1ère fois au New-Yorkais l’art moderne.

Yaelle Biro

Conservatrice adjointe

Metropolitan Museum of Art

“Cette exposition était pensée comme un prolongement des célébrations du centième anniversaire de l’Armory Show. Vraiment, l’Armory Show était ce grand moment pour l’art moderne en Amérique et l’idée était de mettre l’accent sur l’art africain, lequel a également commencé à être connu aux Etats-Unis durant les années qui ont suivi l’Armory. C’est vraiment une partie de l’histoire qui est laissée de côté et qui n’est pas mis au premier plan très souvent. Cette exposition présente l’art africain à New York durant les années 10 et 20 et c’était à ce moment spécifique que les objets africains ont commencé à être observés comme des œuvres en Amérique.”

En 1914, 2 galeries de New York ont pour la 1ère fois aux Etats-Unis présentaient la sculpture africaine comme de l’art. L’art africain n’était plus réduit à de simples trophées coloniaux.

De 1915 à 1919, New York est devenue la ville où les marchands d’art et les collectionneurs se rassemblaient pour échanger de l’art africain.

Des œuvres d’artistes comme Pablo Picasso, Henri Matisse et Constantin Brancusi sont aussi présentées à cette exposition, mais ces artistes ne sont pas les stars de l’expo.

Yaelle Biro

Conservatrice adjointe

Metropolitan Museum of Art

“Il y a déjà eu de nombreuses expositions qui cherchaient à savoir comment les artistes ont été influencés par l’art africain. Je voulais faire quelque chose d’un peu différent. Je voulais mettre les objets africains loin du statut qui est de n’être qu’une source d’inspiration et remettre les oeuvres africaines au centre de l’exposition. Le salon représente vraiment les objets africains. Ce ne sont pas juste des œuvres d’artistes modernes influencés.”

La plupart de l’art africain vient de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.

L’exposition ”African Art, New York and the Avant-Garde” sera ouverte au Metropolitan Museum of Art du 27 novembre 2012 au 14 avril 2013.

Voir tous les objets: metmuseum.org/exhibitions/objects

Source: CCTV.com

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Arts du Nigeria au Quebec

Une exposition sur l’art africain au MCQ

24 octobre 2012 au 21 avril 2013

Par Michel Dolbec trouvé dans La Presse Canadienne

PARIS – Consacrée aux «Arts du Nigeria dans les collections privées françaises», la prochaine exposition du Musée de la civilisation de Québec sera «unique au monde», assure son directeur général, Michel Côté.

«Toutes ces œuvres magnifiques seront réunies pour la première fois. Plusieurs n’ont jamais été montrées, ni en Europe ni en Amérique», dit M. Côté au sujet des 187 masques, sculptures, cimiers et autres ornements qui seront exposées à partir du 24 octobre.

Très connu en France depuis qu’il a dirigé l’ambitieux projet de Musée des Confluences de Lyon, Michel Côté a profité de la tenue de «Parcours des mondes» à Paris pour faire la promotion de l’exposition. Ce «salon international des arts premiers» a réuni jusqu’à dimanche dans le quartier Saint-Germain-des-Prés une soixantaine de galeristes spécialisés dans les arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.

Arts du Nigeria dans les collections…

Accompagné du commissaire de l’exposition, le collectionneur français Alain Lebas, le patron du Musée de la civilisation a par la même occasion procédé au lancement du catalogue de l’expo, «qui fait déjà figure de livre de référence» auprès des spécialistes et des passionnés.

L’exposition a été conçue par et pour le Musée de la civilisation, sans partenariat avec une autre institution française. Le parti-pris est passablement pointu, puisqu’il s’agit d’aborder l’art africain par le biais d’œuvres du Nigeria, elles-mêmes sélectionnées par des collectionneurs français éclairés. C’est là, justement, que réside toute son ambition.

«Il va y avoir un choc culturel», prédit Michel Côté, qui souhaite faire vivre une «expérience de découverte» aux visiteurs québécois et les «mettre en contact avec ces objets et cette culture» avec lesquels les Français, avec leur passé colonial et une institution comme le Musée Branly, sont plus familiers.

Le Nigeria, avec ses 140 millions d’habitants, compte 250 ethnies. Les sculptures qui seront présentés à Québec ont été réalisées par 27 d’entre elles et proviennent de 27 collections privées françaises.

A l’origine du projet, Alain Lebas a mis un an et demi à repérer les objets, et à contacter puis à convaincre les collectionneurs français qui les possèdent de les prêter. Pourquoi français ? «Ce n’est pas du chauvinisme. Les pièces les plus marquantes se trouvent dans ces collections», dit-il.

La beauté des oeuvres est d’ailleurs au cœur de la démarche et du projet. Sans négliger l’Histoire ou le contexte social, l’exposition se situera dans le champ des Beaux-arts, pas dans celui de l’ethnographie.

«Notre parti-pris, c’est l’objet africain regardé comme une œuvre d’art et choisi pour ses qualités esthétiques», explique le commissaire.

Si toutes les œuvres sont «plus belles les unes que les autres», quelques-unes font déjà figure d’objets-stars. Parmi eux, un cimier de danse Bokyi, qui accueillera les visiteurs, un masque rond Eket, un ornement de tambour Mbembe, une statue monumentale Igbo de 185 centimètres, un cavalier de la Basse Benoué, un couple d’Ibeji dans leur tunique et un cimier Ejagham à quatre tresses.

«Arts du Nigeria dans les collections privées françaises» se prolongera jusqu’au 21 avril 2013

 

Musée de la civilisation
16, rue de la Barricade, Québec (Québec)  GIK 7A6

418 644-8980 ou 1 866 710-8031

 

Michel Còté, directeur général du MCQ

 

 

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Parcours des Mondes 2012

Parcours des Monds 2012. Interview Pierre Moos


 Ondine Mestdagh with Pierre Moos

Photo taken at the Bruneaf 2010  (c) 2010 tribalmania.com

Paris, le 6 septembre 2012 trouvé sur Artkhade avec Art Media Agency

Le Parcours des Mondes, le plus important salon international des arts premiers, fêtera sa XIème édition du 11 au 16 septembre 2012 à Paris. Les galeries du quartier des Beaux-arts à Saint-Germain des Prés vont accueillir les 64 exposants internationaux de cette année, qui représenteront, outre la France, neuf pays et trois continents. Cette année, l’événement sera présidé par Lionel Zinsou de la fondation Zinsou, la première fondation tournée vers la culture et l’art au Bénin, et également président de PAI Partners et membre du conseil d’administration de la Société des amis du quai Branly.

C’est en grand partie grâce à Pierre Moos, directeur du Parcours des Mondes, et à son équipe, que le regard sur l’art tribal, longtemps qualifié d’« art primitif », a profondément évolué. Art Media Agency était ravi d’avoir l’opportunité d’interviewer Monsieur Moos sur cet événement exceptionnel.

Art Media Agency (AMA) : D’où vient votre passion pour l’art tribal et qu’est-ce qui vous fascine dans cet art ?

Pierre Moos (PM): Il faut remonter aux années 60 quand, jeune cadre d’un grand groupe français j’ai dû séjourner en Afrique, au Gabon, et en Côte d’Ivoire. A l’époque je ne m’intéressais qu’au cubisme, et essayais d’acheter ce qui était dans mes moyens, des dessins des petits cubiste, H_Gleizes, Metzinger, Lhote etc. Au Gabon pour me remercier, un chef de village m’a offert deux masques que j’ai précieusement enfermé dans un placard en rentrant en France, sauf que quelques mois après j ‘ai commencé à percevoir un lien entre mes petits dessins et les morceaux de bois gisant dans mon armoire, je les ai ressortis, et ça y était, j’étais devenu fou, je me demandais où l’on pouvait acquérir de telles choses, j ‘ai visité quelques galeries dont Vérité, assistés aux rares ventes et commencé à acheter, puis lors de mes voyages notamment aux Etats Unis ou en Suisse j’ai fait l’acquisition de pièces. J’ai accumulé des centaines de pièces africaines, car malheureusement je suis un accumulateur, et avec le recul, je me dis que le côté positif c’est que j’ai vu et eu beaucoup de choses. Le négatif, avec mes connaissances actuelles, est que le nombre de chefs-d’œuvre se compte sur les deux mains, le reste étant bon, sans plus. Pourquoi cette passion, pour moi? Dans la Bible (l’Ancien Testament) il est écrit « sans pain et sans passions on meurt ». Voilà ma réponse, le problème est que j’en ai beaucoup d’autres : la peinture moderne, les livres d’avant-garde russe, la bakélite, les tissus Nazcas (Pérou ancien) etc., mais la vie est ainsi faite que je peux prendre un avion, traverser la planète pour voir une exposition, un artiste et revenir un jour après. J’ai avec le temps refréné mes ardeurs et me suis concentré sur l’Océanie, particulièrement la Nouvelle Irlande, et plus précisément une petite île en face de Tabar. Cela veut dire que, des trois quarts de la planète, mon choix s’est porté sur une tête d’épingle plantée sur une mappemonde.

AMA : Quel était votre but quand vous avez repris le Parcours des Mondes ?

PM : Ce sont les marchands français qui sont venus me voir en disant que nous étions les seuls à pouvoir reprendre le Parcours que le fondateur souhaitait céder. Après discussion, nous avons racheté le Parcours, qui était le prolongement du travail en profondeur réalisé par le magazine Art Tribal, pour faire connaître l’Art Tribal mais surtout défendre les marchands qui sont les vrais passeurs, et qui ont assuré la pérennité de cet art. Sans eux pas de collectionneurs, pas de musées, pas de livres. Les marchands sont l’âme de cet art et ils sont tous passionnés. Savez-vous vous que dans le monde il y a 70 galeries, vous allez à Chelsea dans un seul immeuble vous avez 6O galeries d’art contemporain, cherchez l’erreur.

AMA : Comment le Parcours des Mondes a-t-il changé ou développé depuis votre reprise en 2008 ?

PM : Le changement était facile, il fallait investir, j’ai appris cela dans mes activités d’industriel car 70% de nos recettes sont investis en publicité, communication, marketing, on ne devient pas le leader mondial impunément. En effet, contrairement à toutes les autres foires françaises ou étrangères cela ramène nos concurrents au niveau d’un comice agricole. Les marchands gardent pendant un an leurs plus belles pièces pour le Parcours et ne veulent pas les brûler en les présentant ailleurs soit à Bruxelles, à Londres ou à Amsterdam. La présence du Musée du Quai Branly a également été un atout : avec une telle présence, nous nous devions d’être les meilleurs. Nous avons élargis le spectre de notre clientèle en faisant venir les grands collectionneurs d’Art moderne et contemporain, tout en suggérant à nos participants de marier les tableaux et l’Art Tribal, La galerie Trigano et Aittouares ont jouées le jeu. D’autres suivent aussi : preuve en est que cette année nous avons lancé un partenariat avec le groupe Maisons et objets qui, aux mêmes dates, s’est inspiré du thème des galeries en plein air, des promenades ludique dans Paris. A tel point que le groupe Poltrona Frau présentera dans son show room du 6ème un mélange entre ses ensembles et des pièces tribales. Après tout, ce sont des créateurs et le mariage se fait merveilleusement (à voir absolument) les gens qui aiment le design ne peuvent qu’être touchés par les sculpteurs tribaux, et inversement ; l’Art est universel, un reliquaire Kota sur une table basse de Marc Newson un mariage réussi. N’oublions pas que le Parcours a organisé des expositions à la Monnaie de Paris qui ont amené des dizaines de milliers de personnes. La fermeture pour travaux de ce merveilleux établissement, nous a permis d’organiser des concerts à L’Alcazar, principalement de musique africaine, où malheureusement, à cause du nombre de places limitées, nous refusons des centaines de personnes. En résumé, investissements en temps et en argent, rigueur de la sélection des œuvres et des marchands, nombreux événements autour et liés au Parcours, qualité du marketing (nous recommençons à préparer le Parcours 2013 dès janvier) signalétiques, catalogues de luxe, services aux marchands, traductions, mise en place etc. Finalement à ma connaissance je ne connais pas d’événements qui soit, avec un si petit budget, aussi réussi et qui attrait autant de personnes.

AMA : Votre catalogue annonce que le parcours s’élargira, se renforcera et s’enrichira cette année. Est-ce que vous pourriez préciser cela à l’aide de quelques exemples?

PM : Chaque nouvelle édition du Parcours des mondes est vécue comme un défi par toute l’équipe, et d’autant plus après l’édition anniversaire des 10 ans qui a remporté un succès unanime. Nous essayons toujours de rester attentifs aux évolutions du marché de l’art tribal et notamment au parcours des marchands internationaux afin de proposer au public une offre renouvelée. Ainsi cette année, nous accueillons 7 nouveaux participants, triés sur le volet. Nous donnons leur chance à des marchands de la nouvelle génération tels Renaud Riley ou Michel Thieme, pour qui le Parcours des mondes est une forme de reconnaissance dans leur carrière. Nous accueillons aussi le retour – comme c’est le cas pour la Tambaran gallery (l’une des plus grandes enseignes d’art tribal qui s’est faite plus rare sur la scène internationale ces dernières années) – ou l’arrivée de grands noms du métier. Pensez par exemple que Stéphane Mangin, qui a repris la galerie Pierre Vérité sur le boulevard Raspail, à moins d’un kilomètre du quartier du Parcours s’est finalement laissé tenter par l’expérience et loue même une galerie rue des Beaux-Arts à cette occasion. Chaque nouveau marchand apporte son expérience, son regard, et un défi également pour ses confrères qui savent qu’ils doivent se remettre en question en permanence et maintenir un excellent niveau sur le Parcours.

AMA : Quels seront les points culminants de cette année ?

PM : Encore une fois le programme des expositions thématiques est particulièrement attrayant. On peut évoquer l’exposition « Des Cuillères et des Hommes », que Serge Le Guennan prépare depuis de nombreuses années en mettant de côté des pièces inédites de tous les continents. Jean-Edouard Carlier, de la galerie Voyageurs et Curieux annonce une présentation thématique sur l’archipel Bismarck, une région difficile car peu de pièces sont disponibles sur le marché et trouver des œuvres inédites demande une vraie connaissance des vieilles collections et suppose un travail de fond remarquable. Et que dire d’Alain Bovis qui annonce une exposition autour du « Primitivisme » africain, à la source de l’intérêt occidental pour les arts premiers. Sans compter que la plupart de ces expositions sont accompagnées de publications qui dépassent souvent le simple catalogue pour devenir de vrais livres.

AMA : Cette année, les marchands participants vont mettre à l’honneur le Nigeria. Pour quelle raison ont-ils choisi ce pays ?

PM : Oui, quelques marchands organisent des présentations qui font écho à la programmation des grands musées d’art premier et notamment du quai Branly. Le Nigeria est une région souvent appréciée des marchands et collectionneurs car elle est encore relativement « vierge ». Peu d’études ont été menées, des pièces sortaient encore récemment, tout était encore à découvrir … un défi que les marchands d’art africain ont souvent plaisir à relever.

AMA : Quel sera le rôle de Lionel Zinsou lors de la XIème édition du Parcours des Mondes ?

PM : Depuis que nous avons repris le Parcours nous avons chaque année invité des personnalités du monde des arts premiers à parrainer l’événement. Jean-Paul Barbier-Mueller, le président Jacques Chirac, le cheikh Saoud Al-Thani, James J. Ross et cette année Lionel Zinsou, étaient pour nous des figures emblématiques dans le domaine des arts premiers, pour leur travail en tant que collectionneurs ou pour leurs réalisations en faveur du développement des connaissances sur les arts premiers. C’est une manière pour nous de leur rendre hommage et de rappeler à quel point leur engagement est important dans notre domaine.

AMA : Comment l’art tribal est-il reconnu par le grand public et les marchands aujourd’hui ?

PM : Il y a encore du travail pour que les arts premiers soient reconnus à leur juste valeur, mais la progression est évidente. Le public ne se détourne plus des « fétiches » comme il le faisait encore il y a quelques années, il s’y intéresse maintenant et se laissent fasciner et surprendre. Il commence à discerner des styles, des époques, s’autorisent à préférer l’une ou l’autre région. On voit que peu à peu le public commence à apprécier ses objets pour leur forme, leur force, leur histoire, comme des œuvres d’art en soi. Quant aux marchands, on sent une professionnalisation des nouvelles générations. L’heure n’est plus aux mercenaires mais aux marchands doctes et patients. Les marchands ont compris le rôle qu’ils devaient jouer auprès des futurs collectionneurs qui sont de plus en plus exigeants en terme d’historique, de provenance, d’étude de style.

AMA : Quels projets avez-vous pour la prochaine édition du salon en 2013 ?

PM : Toute notre attention est portée sur l’édition qui démarre dans quelques jours, mais nos regards se portent vers la Monnaie de Paris qui devrait rouvrir ses portes sous peu. Je vais pouvoir en dire plus dans quelques mois.

 

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Robert Rubin

Vente Robert Rubin – Art d’Afrique – Mai 2011

Publié le 18 août 2012 par Detoursdesmondes trouvé sur paperblog.fr

Robert Rubin

La vente de la collection Robert Rubin à New York, en mai 2011, avait généré la publication de nombreux articles à l’époque car ses résultats constituaient la preuve d’une hausse des prix conséquente pour les chefs-d’œuvre de l’art africain.

Ainsi la statue Baoulé représentée ci-dessus, estimée $600.000-900.000 s’était-elle envolée au marteau à $1.538.500 ; ce qui constituait un record pour une sculpture Baoulé dans une vente publique.


Un autre record fut battu avec la vente de cette figure de pouvoir Songye, entièrement recouverte de clous, estimée entre $150 000 et $250 000. Elle fut adjugée $2.098.500 !
La vente comportait 50 lots et remporta $11.742.188.
Feuilleter le catalogue de la vente revient à admirer une véritable succession de chefs-d’oeuvre, et, il faut l’avouer, ignorante, je me suis vite posé la question de savoir qui était ce collectionneur, Robert Rubin.
J’appris qu’il était né en 1934.
À la retraite dans les années 80 après avoir vendu son entreprise de textile, il s’intéressa à l’art africain et acheta ses premières pièces. Il fut l’un des fondateurs et administrateurs du Museum For African Art de New York et, dans ce cadre, voyagea dans l’Ouest africain. Cependant, il n’achetait qu’à des galeries de New York, Paris et Bruxelles ; quelques fois en ventes publiques.


Il ne s’intéressait qu’aux plus beaux exemples de chaque peuple, du Mali à l’Angola. De fait, il prêtait régulièrement ses pièces pour de grandes expositions.
Il possèdait ainsi une très belle statue Dogon, de style N’duleri, attribuée au Maître aux yeux obliques, qui était à la vente de 2011, estimée entre $200.000 $ et $300.000. Elle réalisa $1.022.500.


On la rapprochera bien sûr de la sculpture féminine du Pavillon des Sessions, également attribuée par Hélène Leloup, à la même main ou au même atelier, datant du 17ème-18ème siècle.


Cette dernière provient de la collection de Charles Ratton et a appartenu à Hubert Goldet. De même en est-il d’une très belle sculpture de style N’duleri attribuée également au Maître aux yeux obliques et qui s’était retrouvée aussi dans la vente Goldet de 2001. (cf. Ci-dessous, Estimation en 2001 : 800.000 FFR -1200000 FFR, adjugée 850 000FFR).


Je remarque encore une petite figure Boyo (estimée entre $60.000 et $90.000, adjugée $302.500). Elle avait appartenu à Arman.
Nous connaissons peu de choses sur ces statues. Luc de Heusch fut l’un des premiers à découvrir la sculpture Boyo entre 1947 et 1950. De telles figures ont été retrouvées, conservées en groupe dans des sanctuaires, les épaules et le bas du corps revêtus d’un tissu. Probablement étaient-ils des représentations d’ancêtres, hommes et femmes, d’une même famille de dignitaires.
J’ai toujours été interpellée par ces visages aux yeux globuleux, semblables aux yeux d’un insecte.

 


Curieux encore, un magnifique masque en ivoire congolais, peut être Lega. Il était estimé entre 100.000 $ et 150.000 $, et fut adjugé $206.500.
Chez les Lega, de tels masques, les lukungu, étaient réservés aux plus hauts gradés du Bwami, détenteurs du grade du Kindi.
Pendant les rites du Kindi, ces masques étaient enduits d’huile afin de leur donner une belle patine. Ils étaient la propriété personnelle des membres du Kindi. L’usage qu’on en faisait était assez inhabituel puisqu’ils étaient exposés en rang, ou sur des barrières, encadrant un grand masque (Idimu).


Il est difficile de s’arrêter, de choisir, en feuilletant les pages de ce catalogue… Admirons encore cette très fine statuette Senoufo ; une tugubele, réalisée pour un usage divinatoire. Médiatrices entre les hommes et les esprits de la brousse, ces sculptures étaient réalisées sur commande du devin, de manière très précise.
Robert Rubin avait acheté cette statuette lors de la vente de la collection Ben Haller en 1983. Estimée alors $15.000-20.000, elle lui fut adjugée $19.800. Moins de 20 ans plus tard, à la vente de New York, elle est estimée $80.000 – 120.000 et sera adjugée $812.500 !


Photos 1, 4, 5 et 7 : de l’auteur lors de l’exposition Sotheby’s Paris, 2011.
Photos 2, 3, 10 et 11 : Catalogue de la vente, © Sotheby’s.
Photo 6 : © Musée du Quai Branly.
Photo 7 : in Catalogue de la vente Goldet, © T.D.R.
Photo 9 : Groupe de statues Boyo du clan royal Kunda, Photo : Luc de Heusch in Maurer Evan M. & Roberts Allen F., Tabwa : Rising of a new moon, 1985, © T.D.R.

L’art africain

Jacques Kerchache,…

Chris Marker les statues meurent aussi

Décès de Chris Marker, cinéaste anticolonialiste
Co-réalisateur du documentaire LES STATUES MEURENT AUSSI, il avait 91 ans

Les statues meurent aussi DVD

- Chris. Marker Selon le quotidien parisien LE MONDE, le cinéaste et intellectuel français Chris Marker est décédé dimanche 29 juillet 2012, à l’âge de 91 ans. C’est son entourage qui a donné l’information ce lundi à l’Agence France Presse (AFP).

Réalisateur de courts et longs métrages ainsi que de documentaires, il avait collaboré avec Costa Gavras, Akira Kurosawa et Alain Resnais. Avec ce dernier, il avait coréalisé LES STATUES MEURENT AUSSI (1953).
Ce documentaire est commandé et coproduit par la Revue Présence Africaine(fondée quatre ans plutôt à Paris par le Sénégalais Alioune Diop, soutenu particulièrement par Sartre, Griaule, Balandier, pour ne citer qu’eux). Ce court métrage de 30 minutes en noir & blanc est le second film français ouvertement anticolonialiste, après AFRIQUE 50 de René Vauthier (1950).

Alain Resnais confie au quotidien Le Monde du 6-7 août 1995 : “On nous avait commandé un film sur l’art nègre. Chris Marker et moi sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ?”
Ce qui devait être un simple documentaire sur l’art nègre devient dès lors un pamphlet anticolonialiste et antiraciste, une réflexion sur comment nous trouvons du pittoresque là où la communauté noire voit une culture.
S’inscrivant dans la tradition du cinéma de montage, le film est resté interdit plus d’une décennie ans et fut amputé d’un tiers. Commencé en 1951, achevé en 1953, il ne sera projeté intégralement qu’en 1968 après quinze ans d’interdiction.

A travers l’art africain (statues, masques et bronzes), Alain Resnais et Chris Marker analysent les insoupçonnables méfaits du colonialisme sur les créations authentiques, liées à la spécificité de la culture panthéiste et magique de ces régions pour la remplacer, petit à petit, par une activité artistique commerciale mercantile et de série…

Ce film sur l’art africain est essentiel dans l’oeuvre de Marker, puisqu’il parait être sa première oeuvre (même s’il ne l’achève avec son co-réalisateur qu’en 1953, soit un an après OLYMPIA 52). Il retrouvera Alain Resnais pour un nouvel émouvant court métrage. C’est le documentaire sur l’abomination nazie : NUIT & BROUILLARD lui aussi amputé et censuré par l’effroyable bureaucratie française.

Cette poétique du fragment, du détournement sinon du retournement et du désastre fera fictionnalisée avec LA JETÉE en 1962.
Universal Studios va acquérir les droits du court métrage fiction pour en faire un long métrage. Il s’agit de L’ARMÉE DES 12 SINGES, réalisé par Terry Gilliam avec Bruce Willis dans le rôle titre de James Cole (L’homme dans LA JETÉE).

SANS SOLEIL (1982), produit par Anatole Dauman avec Argos Films, est tenu pour certains comme le documentaire phare de Chris Marker, voire quasiment le meilleur film documentaire jamais réalisé, selon le catalogue du plus grand festival de films documentaires du continent africain : Encounters, en Afrique du Sud [voir ici]. La Guinée (donc encore l’Afrique) y a une bonne place, ainsi que d’autres nations : Japon, Islande, Cuba.

De son vrai nom Christian François Bouche-Villeneuve, le cinéaste est en 1921 à Neuilly-sur-Seine, France. Écrivain, militant, cinéaste, photographe, internaute, critique, artiste multimédia, poète et journaliste, il laisse une oeuvre complexe, foisonnante et foncièrement humaniste.

par Thierno Ibrahima Dia le 31/07/2012 trouvé sur AfriCiné

A voir : www.chrismarker.org

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Les statues meurent aussi
Chris Marker, Alain Resnais
Court | France | 1953
Premiere partie:

Seconde partie

Achetez le DVD :

Les Statues Meurent Aussi  Alain RESNAIS, Chr…

Une réflexion sur comment nous trouvons du pittoresque là où la communauté noire voit une culture. Quand la poésie rejoint la politique pour dénoncer le colonialisme…. Le film est resté interdit pendant dix ans, et fut amputé d’un tiers.
Dans la tradition du cinéma de montage, Les Statues meurent aussi, coréalisé par Chris Marker et Alain Resnais au début des années 1950, est une magistrale réflexion sur l’art africain, sur sa puissance et sa dégradation.

A travers l’art africain, statues, masques et bronzes, Alain Resnais analyse les insoupçonnables méfaits du colonialisme sur les créations authentiques, liées à la spécificité de la culture panthéiste et magique de ces régions pour la remplacer, petit à petit, par une activité artistique commerciale mercantile et de série…
Les Statues meurent aussi est une commande de la revue Présence africaine (Paris). Commencé en 1951, achevé en 1953, il ne sera projeté intégralement qu’en 1968 après quinze ans d’interdiction.

“On nous avait commandé un film sur l’art nègre. Chris Marker et moi sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ?”
(Alain Resnais).

France / Documentaire / 1953 / 30min / 35 mm / N&B / VO

Réalisation : Alain Resnais, Chris Marker
Image : Ghislain Cloquet
Montage : Alain Resnais, Henri Colpi, André Louge
Musique : Guy Bernard, orchestre dirigé par André Hodeir
Production : Présence Africaine, Tadie cinéma

Distribution :
Tadie cinéma : Paris – Tél : 01 43 54 13 74 -
presaf@club-internet.fr

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Ode au grand art africain. Les statues meurent ausi…

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L’art africain

L’art africain

Auteur : Collectif

Date de saisie : 23/07/2012

Genre : Sculpture

Editeur : Skira, Milan, Italie

Prix : 55.00 € / 360.78 F

ISBN : 9788857211671

GENCOD : 9788857211671

Sorti le : 26/09/2012

  • Les présentations des éditeurs : 23/07/2012

L’univers infini de la sculpture africaine est le résultat d’un processus évolutif complexe et diversifié. C’est une mosaïque extrêmement variée produite par une histoire riche, aux multiples facettes, faite de contaminations stylistiques provoquées par les contacts, les migrations, les guerres et les alliances.
L’objectif de cet ouvrage est de présenter la sculpture africaine traditionnelle à son plus haut niveau par une sélection d’oeuvres qui n’ont pas été créées pour le marché de l’art mais pour répondre aux besoins religieux, politiques et même esthétiques des anciennes sociétés africaines, et d’exposer sous une forme simple et synthétique l’état des connaissances actuelles sur ses caractéristiques historiques, formelles, symboliques et fonctionnelles.
L’illustration et le commentaire de plusieurs groupes de sculptures – figures, masques et objets utilitaires – permettent de poser concrètement certains des problèmes fondamentaux de l’art africain et d’apporter les réponses obtenues par la recherche actuelle : la datation et l’historicité par exemple, les rapports avec les premiers commanditaires européens, ou l’attribution des oeuvres à leurs auteurs.
Les oeuvres présentées et illustrées sont en bois ou moins fréquemment en ivoire, mais certaines sculptures peuvent aussi avoir été réalisées dans d’autres matériaux, comme le métal ou la terre cuite. Ces dernières sont d’ailleurs mises au jour en nombre de plus en plus important par les fouilles qui se sont intensifiées au cours des dernières décennies et qui sont en train de modifier le panorama artistique du continent, en révélant des cultures anciennes insoupçonnées aux côtés des cultures classiques et plus connues d’Ifé et du Bénin.

Ezio Bassani est historien d’art, grand spécialiste des arts africains. Il a publié de nombreux ouvrages traitant de l’art et de l’archéologie africaine, notamment Ivoires anciens dans les collections publiques françaises à l’occasion de l’exposition de 2008 au musée du Quai Branly. Il a également été commissaire d’expositions, comme en 2003 pour Afrique, chefs d’oeuvre d’un continent qui s’est déroulée à la Galerie d’art moderne de la ville de Turin.

  • Les courts extraits de livres : 23/07/2012

L’art africain

Extrait de l’introduction

Aborder aujourd’hui de manière globale la question des arts figuratifs traditionnels d’Afrique noire est une entreprise qui effraierait même ceux qui ont vu et ont eu entre les mains un très grand nombre d’oeuvres pendant des dizaines d’années. Sans me dissimuler les difficultés de cette tâche, je me suis pourtant fixé l’objectif d’offrir dans cet ouvrage une présentation de la sculpture africaine traditionnelle à un niveau aussi élevé que possible, et d’exposer sous une forme synthétique et simple les connaissances que j’ai acquises sur ses caractéristiques historiques, formelles, symboliques et fonctionnelles. William Fagg affirmait d’ailleurs il y a presque un demi-siècle que «l’art dans sa forme la plus pure concerne la communication de l’ineffable, qui est au-delà des mots».

L’adjectif «traditionnel» désigne les oeuvres qui n’ont pas été créées pour le marché de l’art, mais pour répondre aux besoins religieux, politiques et même esthétiques des anciennes sociétés africaines. Je l’utilise ici en l’absence d’une catégorie plus appropriée, tout en étant parfaitement conscient du caractère vague et ambigu de ce terme, et des contaminations qu’il dissimule.
Par l’illustration et le commentaire de plusieurs groupes de sculptures – figures, masques et objets utilitaires -, j’ai voulu exemplifier certains des problèmes abordés ici et certains des résultats obtenus par la recherche actuelle sur l’art africain : la datation et l’historicité, les rapports avec les premiers commanditaires européens, l’attribution des oeuvres à leurs auteurs, la valeur artistique de nombreux objets utilitaires, la diversification des formes pour des oeuvres ayant des fonctions équivalentes, la variété des solutions formelles inventées par les artistes noirs en réponse à des commandes imposées. Précisons que le choix des exemples implique forcément l’exclusion d’oeuvres considérées comme atypiques.
La sculpture en bois et en ivoire (qui est moins fréquente) est pour le moment la manifestation artistique africaine traditionnelle la plus connue. Il existe cependant des oeuvres réalisées avec d’autres matériaux et d’autres techniques, comme les sculptures en métal et en terre cuite. Celles-ci sont d’ailleurs mises au jour en nombre de plus en plus important par les fouilles qui se sont intensifiées au cours des dernières décennies et qui sont en train de modifier le panorama artistique du continent, en révélant des cultures anciennes insoupçonnées aux côtés des cultures classiques et bien connues d’Ifé et du Bénin.
L’univers infini de la sculpture africaine est le résultat d’un processus évolutif complexe et diversifié ; c’est une mosaïque extrêmement variée produite par une histoire riche, aux multiples facettes, faite de contaminations stylistiques provoquées par les contacts, les migrations, les guerres et les alliances. Cet univers a été décrit dans des milliers de livres et d’articles et a été présenté dans le cadre de milliers d’expositions plus ou moins importantes, mais qui insistaient toujours de manière prépondérante sur l’usage et sur la signification – souvent incertaine – des oeuvres présentées ou illustrées. Il y a seulement un demi-siècle, ces oeuvres étaient encore considérées essentiellement du point de vue ethnographique, elles étaient d’ailleurs conservées dans les musées ethnographiques. Les problèmes, en grande partie encore non résolus, qui limitent la connaissance de la création artistique (au sens où nous, Occidentaux, l’entendons) de la partie du continent s’étendant au sud du Sahara, étaient rarement pris en considération. L’Egypte et les régions septentrionales de l’Afrique ont eu une histoire différente et donc un art différent, mais cela n’exclut pas qu’il ait pu y avoir des points de contact au cours des siècles, et même à partir de l’Antiquité comme ce fut le cas pour la Nubie.
Je voudrais maintenant apporter quelques éclaircissements d’ordre général, nécessairement sommaires, sur la nature des oeuvres qui sont présentées dans cet ouvrage, en précisant que les questions et les incertitudes sont souvent plus nombreuses que les réponses définitives.
La sculpture était le principal moyen d’expression des artistes africains du passé, ce qui expliquerait l’absence de la représentation du paysage, comme l’avait d’ailleurs écrit Michel-Ange. La figure humaine, évoquant des personnages importants de la communauté, qu’ils soient réels ou symboliques, ou des entités facilitant le contact avec le surnaturel, est le sujet presque exclusif de leur création. La figure est isolée dans un espace métaphysique qu’elle s’approprie, elle n’exprime pas de sentiments, elle est immobile, elle ne fait pas de gestes, tout au plus les suggère-t-elle par de petites irrégularités qui rompent la symétrie et la frontalité et transforment ainsi l’oeuvre en un organisme vivant.
Les couples constitués d’une mère et de son enfant et les rares groupes qui ornent certains insignes religieux ou d’autorité, ou autres objets et ustensiles, constituent les quelques exceptions à cet isolement caractéristique de la figure.
L’identité des personnages est suggérée par des attributs extérieurs : tatouages et scarifications, déformations particulières, coiffures, armes et instruments. Cette identité est d’ailleurs plutôt catégorielle qu’individuelle (ancêtre – personnel ou d’un groupe -, image d’esprit, statue magique). Et il convient de signaler que les informations concernant la véritable nature des sujets représentés sont souvent insuffisantes ou impropres. Des définitions telles que «figure d’ancêtre» et «statue magique», par exemple, sont donc indéniablement vagues et parfois même erronées, comme l’ont révélé les études précises de certains chercheurs.
La représentation d’animaux est insolite : quelques rares sièges cérémoniaux, certaines statues magiques de l’art kongo, les images de cavaliers dogon et sénoufo, et surtout les masques zoomorphes, sont les exceptions les plus connues. L’installation de sculptures dans des complexes architecturaux est également rare. Font exception à cette règle les bas-reliefs des palais royaux de l’ancien Dahomey, les piliers des palais Yoruba du Nigeria et des souverains camerounais, ceux des portes des greniers et des sanctuaires des Dogon, des Sénoufo et, rarement, des Baoulé. Le petit nombre relatif des sujets illustrés est d’ailleurs l’un des caractères de l’art sacré dans toutes les régions du monde.
Les oeuvres sont généralement de dimensions modestes, allant de quelques centimètres à un peu plus d’un mètre, elles sont anti-monumentales et antirhétoriques : ce sont d’«humbles trésors», selon la définition poétique de Dominique de Menil. La monumentalité de leurs proportions transcende leurs dimensions modestes.
Il faut également rappeler que les artistes africains réalisent leurs oeuvres sans exécuter de dessins préparatoires, de croquis ni d’ébauches : les oeuvres sont sculptées ou formées directement à partir d’une visualisation mentale.
Il convient enfin de préciser que la sculpture n’est pas la seule forme d’art pratiquée en Afrique subsaharienne : l’architecture s’y exprime également, naturellement dans des formes adaptées au climat du continent, aux économies et aux systèmes de pouvoir existant au sein des différentes populations. Les conditions environnementales de nombreuses régions ont imposé des modes de vie non sédentaires – les éleveurs se déplaçant pour suivre leur bétail -, et ont ainsi favorisé d’autres formes d’expression telles que l’ornementation du corps et les costumes, par exemple, qui ne sont pas traitées dans cet ouvrage.

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L’art africain

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Léopoldville-Liège, Liège-Kinshasa: les collections africaines de l …

Léopoldville-Liège, Liège-Kinshasa:
les collections africaines de l’Université de Liège
Exposition à la Galerie Wittert (ULg)

Collections africaines de l’Université de Liège

Exposition accessible du 9 juillet au 20 septembre 2012,

du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 17h,
le samedi de 10h à 13h ;
du 1er au 14 août, du mardi au samedi, de 10h à 13h.
Fermeture le 21 juillet et le 15 août.

Entrée libre

art africain

Les Collections artistiques de l’ULg

art africain

Dépositaire d’au moins 60 000 objets d’art ou d’archéologie de
toute nature et origine, le service des
Collections artistiques de l’Université de Liège a pour vocation de conserver,
promouvoir et diffuser un héritage dont la valeur et la variété sont de moins
en moins méconnues – elles ne
l’ont jamais été à l’échelle internationale –, de favoriser son exploitation didactique et scientifique, et
de mettre en lumière ses rapports avec l’histoire et le rayonnement de
l’institution.

Dans cette dernière perspective, il convient de souligner que
le caractère hétérogène de nos ressources est déterminé par la diversification
des disciplines enseignées et des orientations suivies par les professeurs et
les diplômés, à la générosité de qui l’Alma
Mater
doit l’essentiel de ses richesses. Dès son installation, celle-ci fut
dotée de monnaies et de médailles destinées à alimenter les cours de philologie
classique et d’histoire. Elle s’est par la suite constitué un très considérable
fonds de peinture, de dessins et surtout de gravures, dont la formation, grâce
au legs Wittert (1903), est inséparable de l’enrichissement de sa bibliothèque,
le développement de l’art de l’estampe s’avérant lui-même intimement lié à
l’essor du livre imprimé. Les collections de peintures et de sculptures
animalières réunies par la Faculté de Médecine vétérinaire, d’objets
préhistoriques, de moulages d’antiques, de photographies anciennes et
d’instruments de laboratoire jadis conçus avec souci d’esthétique, fournissent
d’autres exemples significatifs de la solidarité entre art et science.

Enfin, les dons d’institutions ou de particuliers, parmi
lesquels figurent plusieurs artistes, tels les sculpteurs Idel Ianchelevici,
Marceau Gillard et Jules Broens, le peintre Paul Cocagne, les graveurs Émile
Hougardy et Joseph Bonvoisin, et le caricaturiste Draner, sont à la mesure de
la confiance que l’ULg a su inspirer à la collectivité locale, ainsi que du
rôle culturel que celle-ci a bien voulu lui reconnaître.

À gauche : statuette masculine Teke. Bois, coquillage et patine. La coiffure de type mupani, les yeux incrustés de coquillages, les oreilles sculptées en relief sont le pavillon et en forme de C, les lèvres proéminentes, la barbe trapézoïdale, le cou en cylindre sont des caractéristiques des statuettes Teke. Congo-Brazzaville
À droite : Masque facial Pende. Céramique, fibres, tresses. Un trait noir en forme de V marque les sourcils . Le front large préente un motif composé de deux V blancs et deux V noirs, qui devait sans doute rappeler les tatouages ou peintures corporelles. Ce type de masque était porté par les initiés.
 

 

L’origine des collections africaines

art africain

Le fonds africain s’avère exemplaire à tous ces égards. Il a
pour origine le legs de la collection d’objets africains du professeur Charles
Firket, transmis par les héritiers de celui-ci le 31 mars 1928. Il sera
complété par un ensemble de documents provenant de l’École coloniale liégeoise
et offerts à l’Université par l’Association coloniale liégeoise en 1975, ainsi
que par quelques donations ultérieures. La dernière en date, remontant à 1998,
est due à un autre descendant de Charles Firket. Précisons encore que l’École coloniale, dépendant de la Ville de Liège, avait,
et pour cause, fermé ses portes dès 1961. Au moment du don aux Collections
artistiques de l’Université, l’association dépositaire comptait au moins quatre
membres : un président, le général-major honoraire Paul Jacques, un
vice-président, André Collignon, président émérite à la Cour d’Appel de Liège,
un secrétaire, Jean Boulanger et un trésorier, Christian Doyen.

Tasse sculptée Kuba dont l’anse représente une figure anthropomorphe. Bois et patine.R.D.C.

Né à Liège le 2 septembre 1852, Charles Firket étudie la médecine
à l’Université de sa ville natale. 
Il s’oriente vers l’anatomie pathologique, qu’il enseigne en tant que chargé de
cours, à partir de 1886, et professeur ordinaire, dès 1889. En 1896, Firket se
voit attribuer une chaire pour l’initiation aux maladies des pays chauds,
instituée à la demande expresse du roi Léopold Il. Les cours d’hygiène
coloniale qu’il dispense en outre à l’École spéciale de Commerce annexée à
l’Université de Liège le mettent en contact avec les fonctionnaires, médecins,
commerçants et ingénieurs qui participent sur le terrain à la colonisation du
Congo. Beaucoup d’entre eux lui serviront d’intermédiaires pour l’acquisition
des pièces de sa collection. C’est, du reste, dans le souci de mieux faire
comprendre le contexte ethnologique des pathologies tropicales que Firket
constitue celle-ci, à partir de 1891. Il défendait en effet l’idée, partagée
par de nombreux scientifiques de son époque, que l’éducation des cadres
coloniaux devait comporter un volet ethnologique. Dans cette optique, des
collections ethnographiques auraient été instituées dans toutes les universités
belges.

art africain  art africain

À gauche : Amulettes Hungana en os. Petites figurines en ronde-bosse agenouillées et portant les mains au menton. De petits trous y sont percés de façon à pouvoir les suspendre à un cordon. On peut sans doute les rattacher à des épreuves d’initiation réussies. R.D.C.
À droite : Tambour nedundu. Bois, clous en laiton, tissu. Ces grands tambours servaient à annoncer l’arrivée du roi et d’autres événements ainsi que pour accompagner les danses. R.D.C.

 

Chacun des fournisseurs, une vingtaine au total, est dûment
répertorié dans l’inventaire rédigé de la main du collectionneur. Outre les deux fils de Charles, Henri et Frédéric, partis au Congo
respectivement en 1910 et en 1912, Vanessa Mastronardi a identifié le
mécanicien Jean-Léon Fréson, l’intendant Ernest Alexandre Drisse, l’officier de
marine Émile Gentil, proche collaborateur de
Brazza, et un homme à tout faire du colonialisme belge, le Liégeois Hubert
Bure. Promu à l’éméritat en 1922, Charles Firket meurt le 30 mars 1928.

Jusqu’à la création du service des Collections artistiques en
1968, le fonds d’art africain est conservé à la bibliothèque de l’Université,
mal équipée pour l’accueillir, malgré les efforts indéniablement déployés en
vue d’assurer sa protection. Bien que délégué administrativement au nouveau
service, le fonds africain est alors confié à la garde du service d’archéologie
préhistorique, pour cause « d’affinités électives ». Son exploitation
scientifique et didactique restera longtemps très limitée, en l’absence d’un
enseignement véritablement spécifique dans la formation en histoire de l’art et
archéologie.

Si quelques pièces étaient présentées en permanence au Musée de Préhistoire,
les Collections artistiques prirent l’initiative de la seule exposition
significative des fleurons de ce patrimoine, dans le cadre du 175e
anniversaire de l’Université, en 1993. Ceux-ci figurèrent ensuite dans
plusieurs expositions, organisées sous l’impulsion du Centre wallon d’Art
contemporain La Châtaigneraie et de l’Espace 251 Nord. Le professeur Pol-Pierre
Gossiaux créa un cours d’introduction ethnologique aux arts africains. La première étude systématique est due à
Vanessa Mastronardi en 2004 dans un mémoire de licence en histoire de l’art et archéologie
visant à établir le catalogue raisonné du fonds.

 

 
Collections africaines Collections artistiques
 
Léopoldville-Liège Liège-Kinshasa. Les collections africaines de l’Université de Liège, J.P. Duchesne (dir), Éditions de l’Université de Liège, 2006
 
 Le patrimoine artistique de l’Université de Liège, J.P. Duchesne (dir), Éditions du Perron, 1993
 

 

162 pièces volées

C’est à la faveur de ce travail de longue haleine que sont enfin pointées d’importantes lacunes par rapport aux inventaires laissés par Firket et l’Association coloniale liégeoise. Après constitution d’un dossier d’identification de 162 pièces disparues, réalisé par Vanessa Mastronardi et Édith Micha, assistante aux Collections artistiques, plainte est déposée en mars 2005. La police fédérale liégeoise a rapidement mené des investigations auprès des marchands de deuxième ligne. Ainsi forcée, la chance lui sourit grâce à l’honnêteté de l’antiquaire bruxellois J.-R. Van Overstraeten qui, découvrant les photographies de pièces volées, déclara spontanément être le détenteur de 46 d’entre elles, acquises en 1999-2000. L’auteur de la « transaction » est depuis lors passé aux aveux.

Il est probable que les autres disparitions sont antérieures au transfert du fonds vers le service d’archéologie préhistorique. Les dix-huit photographies illustrant le présent article, réalisées par l’Institut royal du Patrimoine artistique en 1959, fournissent les traces ultimes de ces documents, que nous ne désespérons pas de récupérer, à la suite de leur publication. C’est peu dire que tout renseignement à leur sujet sera accueilli avec gratitude !

Gestion de la collection

S’il s’est développé par étapes, le système de protection que s’est forgé l’Université ne s’est pas moins considérablement renforcé cette dernière décennie. L’essentiel des collections a été regroupé dans l’espace sécurisé de la galerie Wittert, en même temps qu’étaient rapatriés les dépôts consentis à des musées et à des ambassades.

Instrument majeur d’identification des œuvres, le catalogage scientifique systématique des documents (exhaustif en ce qui concerne le fonds africain), au sein d’une base de données informatique intégrant des photos numériques de chaque pièce, a à ce point progressé que notre institution est devenue l’exemple à suivre en Communauté française Wallonie-Bruxelles.

Jean-Patrick Duchesne
Mai 2009

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art congolais volé

RDC : deux œuvres d’art congolais récupérées auprès d’un antiquaire autrichien

KINSHASA (Xinhua) – Deux œuvres d’art des musées nationaux dénommées “Azande et Suku” et estimées à 10 000 dollars, ont été récupérées par l’Interpool autrichienne, suite à une plainte déposée par la direction générale de l’Institut des musées nationaux du Congo (IMNC), au nom de la RDC.

Trouvé le mercredi 11 janvier sur afriquinfos.com

Le directeur général de l’IMNC, Joseph Ibongo, qui l’a indiqué mardi à la presse, a fait savoir que ces objets d’art de collection de la RDC, ont été exposés dans un musée autrichien par un antiquaire qui voulait les vendre.

M. Ibongo, de retour d’une mission à Vienne, en Autriche, a fait savoir, sans donner d’autres précisions, que ces œuvres d’art ont été placées sous la garde de l’Interpool et seront expédiées bientôt en RDC.

Comme pour la plupart des pays africains, plusieurs œuvres anciennes d’art traditionnel congolais ont été volées durant et après la colonisation. Beaucoup d’Européens étaient rentrés en Europe après l’indépendance du pays, avec d’importantes collections des œuvres d’art congolais et peu à peu, leurs collections ont alimenté les marchés aux puces et les ventes aux enchères.

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