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Léopoldville-Liège, Liège-Kinshasa:
les collections africaines de l’Université de Liège
Exposition à la Galerie Wittert (ULg)

Collections africaines de l’Université de Liège

Exposition accessible du 9 juillet au 20 septembre 2012,

du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 17h,
le samedi de 10h à 13h ;
du 1er au 14 août, du mardi au samedi, de 10h à 13h.
Fermeture le 21 juillet et le 15 août.

Entrée libre

art africain

Les Collections artistiques de l’ULg

art africain

Dépositaire d’au moins 60 000 objets d’art ou d’archéologie de
toute nature et origine, le service des
Collections artistiques de l’Université de Liège a pour vocation de conserver,
promouvoir et diffuser un héritage dont la valeur et la variété sont de moins
en moins méconnues – elles ne
l’ont jamais été à l’échelle internationale –, de favoriser son exploitation didactique et scientifique, et
de mettre en lumière ses rapports avec l’histoire et le rayonnement de
l’institution.

Dans cette dernière perspective, il convient de souligner que
le caractère hétérogène de nos ressources est déterminé par la diversification
des disciplines enseignées et des orientations suivies par les professeurs et
les diplômés, à la générosité de qui l’Alma
Mater
doit l’essentiel de ses richesses. Dès son installation, celle-ci fut
dotée de monnaies et de médailles destinées à alimenter les cours de philologie
classique et d’histoire. Elle s’est par la suite constitué un très considérable
fonds de peinture, de dessins et surtout de gravures, dont la formation, grâce
au legs Wittert (1903), est inséparable de l’enrichissement de sa bibliothèque,
le développement de l’art de l’estampe s’avérant lui-même intimement lié à
l’essor du livre imprimé. Les collections de peintures et de sculptures
animalières réunies par la Faculté de Médecine vétérinaire, d’objets
préhistoriques, de moulages d’antiques, de photographies anciennes et
d’instruments de laboratoire jadis conçus avec souci d’esthétique, fournissent
d’autres exemples significatifs de la solidarité entre art et science.

Enfin, les dons d’institutions ou de particuliers, parmi
lesquels figurent plusieurs artistes, tels les sculpteurs Idel Ianchelevici,
Marceau Gillard et Jules Broens, le peintre Paul Cocagne, les graveurs Émile
Hougardy et Joseph Bonvoisin, et le caricaturiste Draner, sont à la mesure de
la confiance que l’ULg a su inspirer à la collectivité locale, ainsi que du
rôle culturel que celle-ci a bien voulu lui reconnaître.

À gauche : statuette masculine Teke. Bois, coquillage et patine. La coiffure de type mupani, les yeux incrustés de coquillages, les oreilles sculptées en relief sont le pavillon et en forme de C, les lèvres proéminentes, la barbe trapézoïdale, le cou en cylindre sont des caractéristiques des statuettes Teke. Congo-Brazzaville
À droite : Masque facial Pende. Céramique, fibres, tresses. Un trait noir en forme de V marque les sourcils . Le front large préente un motif composé de deux V blancs et deux V noirs, qui devait sans doute rappeler les tatouages ou peintures corporelles. Ce type de masque était porté par les initiés.
 

 

L’origine des collections africaines

art africain

Le fonds africain s’avère exemplaire à tous ces égards. Il a
pour origine le legs de la collection d’objets africains du professeur Charles
Firket, transmis par les héritiers de celui-ci le 31 mars 1928. Il sera
complété par un ensemble de documents provenant de l’École coloniale liégeoise
et offerts à l’Université par l’Association coloniale liégeoise en 1975, ainsi
que par quelques donations ultérieures. La dernière en date, remontant à 1998,
est due à un autre descendant de Charles Firket. Précisons encore que l’École coloniale, dépendant de la Ville de Liège, avait,
et pour cause, fermé ses portes dès 1961. Au moment du don aux Collections
artistiques de l’Université, l’association dépositaire comptait au moins quatre
membres : un président, le général-major honoraire Paul Jacques, un
vice-président, André Collignon, président émérite à la Cour d’Appel de Liège,
un secrétaire, Jean Boulanger et un trésorier, Christian Doyen.

Tasse sculptée Kuba dont l’anse représente une figure anthropomorphe. Bois et patine.R.D.C.

Né à Liège le 2 septembre 1852, Charles Firket étudie la médecine
à l’Université de sa ville natale. 
Il s’oriente vers l’anatomie pathologique, qu’il enseigne en tant que chargé de
cours, à partir de 1886, et professeur ordinaire, dès 1889. En 1896, Firket se
voit attribuer une chaire pour l’initiation aux maladies des pays chauds,
instituée à la demande expresse du roi Léopold Il. Les cours d’hygiène
coloniale qu’il dispense en outre à l’École spéciale de Commerce annexée à
l’Université de Liège le mettent en contact avec les fonctionnaires, médecins,
commerçants et ingénieurs qui participent sur le terrain à la colonisation du
Congo. Beaucoup d’entre eux lui serviront d’intermédiaires pour l’acquisition
des pièces de sa collection. C’est, du reste, dans le souci de mieux faire
comprendre le contexte ethnologique des pathologies tropicales que Firket
constitue celle-ci, à partir de 1891. Il défendait en effet l’idée, partagée
par de nombreux scientifiques de son époque, que l’éducation des cadres
coloniaux devait comporter un volet ethnologique. Dans cette optique, des
collections ethnographiques auraient été instituées dans toutes les universités
belges.

art africain  art africain

À gauche : Amulettes Hungana en os. Petites figurines en ronde-bosse agenouillées et portant les mains au menton. De petits trous y sont percés de façon à pouvoir les suspendre à un cordon. On peut sans doute les rattacher à des épreuves d’initiation réussies. R.D.C.
À droite : Tambour nedundu. Bois, clous en laiton, tissu. Ces grands tambours servaient à annoncer l’arrivée du roi et d’autres événements ainsi que pour accompagner les danses. R.D.C.

 

Chacun des fournisseurs, une vingtaine au total, est dûment
répertorié dans l’inventaire rédigé de la main du collectionneur. Outre les deux fils de Charles, Henri et Frédéric, partis au Congo
respectivement en 1910 et en 1912, Vanessa Mastronardi a identifié le
mécanicien Jean-Léon Fréson, l’intendant Ernest Alexandre Drisse, l’officier de
marine Émile Gentil, proche collaborateur de
Brazza, et un homme à tout faire du colonialisme belge, le Liégeois Hubert
Bure. Promu à l’éméritat en 1922, Charles Firket meurt le 30 mars 1928.

Jusqu’à la création du service des Collections artistiques en
1968, le fonds d’art africain est conservé à la bibliothèque de l’Université,
mal équipée pour l’accueillir, malgré les efforts indéniablement déployés en
vue d’assurer sa protection. Bien que délégué administrativement au nouveau
service, le fonds africain est alors confié à la garde du service d’archéologie
préhistorique, pour cause « d’affinités électives ». Son exploitation
scientifique et didactique restera longtemps très limitée, en l’absence d’un
enseignement véritablement spécifique dans la formation en histoire de l’art et
archéologie.

Si quelques pièces étaient présentées en permanence au Musée de Préhistoire,
les Collections artistiques prirent l’initiative de la seule exposition
significative des fleurons de ce patrimoine, dans le cadre du 175e
anniversaire de l’Université, en 1993. Ceux-ci figurèrent ensuite dans
plusieurs expositions, organisées sous l’impulsion du Centre wallon d’Art
contemporain La Châtaigneraie et de l’Espace 251 Nord. Le professeur Pol-Pierre
Gossiaux créa un cours d’introduction ethnologique aux arts africains. La première étude systématique est due à
Vanessa Mastronardi en 2004 dans un mémoire de licence en histoire de l’art et archéologie
visant à établir le catalogue raisonné du fonds.

 

 
Collections africaines Collections artistiques
 
Léopoldville-Liège Liège-Kinshasa. Les collections africaines de l’Université de Liège, J.P. Duchesne (dir), Éditions de l’Université de Liège, 2006
 
 Le patrimoine artistique de l’Université de Liège, J.P. Duchesne (dir), Éditions du Perron, 1993
 

 

162 pièces volées

C’est à la faveur de ce travail de longue haleine que sont enfin pointées d’importantes lacunes par rapport aux inventaires laissés par Firket et l’Association coloniale liégeoise. Après constitution d’un dossier d’identification de 162 pièces disparues, réalisé par Vanessa Mastronardi et Édith Micha, assistante aux Collections artistiques, plainte est déposée en mars 2005. La police fédérale liégeoise a rapidement mené des investigations auprès des marchands de deuxième ligne. Ainsi forcée, la chance lui sourit grâce à l’honnêteté de l’antiquaire bruxellois J.-R. Van Overstraeten qui, découvrant les photographies de pièces volées, déclara spontanément être le détenteur de 46 d’entre elles, acquises en 1999-2000. L’auteur de la « transaction » est depuis lors passé aux aveux.

Il est probable que les autres disparitions sont antérieures au transfert du fonds vers le service d’archéologie préhistorique. Les dix-huit photographies illustrant le présent article, réalisées par l’Institut royal du Patrimoine artistique en 1959, fournissent les traces ultimes de ces documents, que nous ne désespérons pas de récupérer, à la suite de leur publication. C’est peu dire que tout renseignement à leur sujet sera accueilli avec gratitude !

Gestion de la collection

S’il s’est développé par étapes, le système de protection que s’est forgé l’Université ne s’est pas moins considérablement renforcé cette dernière décennie. L’essentiel des collections a été regroupé dans l’espace sécurisé de la galerie Wittert, en même temps qu’étaient rapatriés les dépôts consentis à des musées et à des ambassades.

Instrument majeur d’identification des œuvres, le catalogage scientifique systématique des documents (exhaustif en ce qui concerne le fonds africain), au sein d’une base de données informatique intégrant des photos numériques de chaque pièce, a à ce point progressé que notre institution est devenue l’exemple à suivre en Communauté française Wallonie-Bruxelles.

Jean-Patrick Duchesne
Mai 2009

RDC : deux œuvres d’art congolais récupérées auprès d’un antiquaire autrichien

KINSHASA (Xinhua) – Deux œuvres d’art des musées nationaux dénommées “Azande et Suku” et estimées à 10 000 dollars, ont été récupérées par l’Interpool autrichienne, suite à une plainte déposée par la direction générale de l’Institut des musées nationaux du Congo (IMNC), au nom de la RDC.
trouvé le mercredi 11 janvier sur afriquinfos.com

Le directeur général de l’IMNC, Joseph Ibongo, qui l’a indiqué mardi à la presse, a fait savoir que ces objets d’art de collection de la RDC, ont été exposés dans un musée autrichien par un antiquaire qui voulait les vendre.

M. Ibongo, de retour d’une mission à Vienne, en Autriche, a fait savoir, sans donner d’autres précisions, que ces œuvres d’art ont été placées sous la garde de l’Interpool et seront expédiées bientôt en RDC.

Comme pour la plupart des pays africains, plusieurs œuvres anciennes d’art traditionnel congolais ont été volées durant et après la colonisation. Beaucoup d’Européens étaient rentrés en Europe après l’indépendance du pays, avec d’importantes collections des œuvres d’art congolais et peu à peu, leurs collections ont alimenté les marchés aux puces et les ventes aux enchères.