fétiche volé
Remise officielle du fétiche à clous Nkondé tsangui (Gabon) au Musée du quai Branly lundi 12 juillet 2010
Publié par Com2press le 12 juillet 2010
Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a remis au musée du quai Branly le fétiche à clous Nkondé tsangui (Gabon), disparu des réserves du musée de l’Homme, vraisemblablement entre 1944 et 1955 et récemment retrouvé.
Le ministre salue la collaboration exemplaire entre les acteurs du marché de l’art et les équipes de la Direction générale des patrimoines et du musée du quai Branly, qui a permis le retour de cet objet majeur dans les collections de l’État.
Repéré lors de la vente de la collection d’Armand Charles, ce fétiche à clous est restitué au musée du quai Branly par Annie Salles, fille du collectionneur, lors d’une cérémonie officielle, au cours de laquelle Frédéric Mitterrand lui a remis les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres pour saluer ce geste généreux.
Ce fétiche à clous Nkisi ou Nkondé – objet magique personnel ou communautaire – dans l’aire culturelle kongo (ancien royaume kongo qui allait du sud du Gabon jusqu’à l’Angola), a été collecté au Gabon au début du XXe siècle. Donné au Musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1931, cet objet rare a ensuite disparu du Musée de l’Homme. On le retrouve ensuite dans la collection personnelle d’Armand Charles, collectionneur d’art africain.
Le fétiche à clous réapparaît le 2 décembre 2009, lors de la vente de la collection Armand Charles orchestrée par Enchères Rive Gauche à l’Hôtel Drouot. En vérifiant les références de l’objet dans le catalogue de vente qui mentionnait le livre de l’expert Raoul Lehuard « Fétiches à clous du Bas-Zaïre » publié en 1980 – dans lequel le fétiche est référencé avec une photographie -, l’acheteur s’aperçoit alors que l’objet appartient à l’origine au musée de l’Homme. La vente est donc annulée. Annie Salles, fille du collectionneur Armand Charles, décide alors de restituer à l’État ce fétiche à
clous acheté de bonne foi par son père.
C’est grâce à sa documentation précise que l’oeuvre a pu être identifiée formellement comme appartenant aux collections nationales. Par cette remise officielle, le ministre tient à rappeler que la prévention des vols dans les musées et la lutte contre le trafic illicite des biens culturels est une priorité de l’action du ministère de la Culture et de la Communication, comme il l’a d’ailleurs rappelé à l’ensemble des établissements. C’est par une action constante et concertée entre tous les acteurs que sont rendus possibles des retours d’oeuvres dans les collections nationales comme celui qui est célébré aujourd’hui.


