Bons résultats pour Sotheby’s, mauvais pour Christies
Sotheby’s fait flamber l’art africain et océanien à Paris
Sotheby’s a réalisé, aujourd’hui à Paris, le chiffre d’affaires record de 6,81 millions d’euros avec un catalogue d’art africain et océanien de seulement 82 lots. Moins importante en valeur, la vacation dans la même spécialité proposée la veille chez Christie’s, toujours à Paris, a enregistré quelque 50% d’invendus.
Aujourd’hui à Paris, Sotheby’s a tiré quelque 6,81 millions d’euros d’un catalogue d’art africain et océanien comptant seulement 82 lots.
La quasi-totalité a été vendue, souvent au-dessus des estimations.
Celui qui illustrait la couverture du catalogue, une rare tête à trois visages Kuyu, République du Congo, a été payé 576.750 euros.
Cette sculpture tout à fait exceptionnelle et de qualité muséale était plus que raisonnablement estimée 200.000/300.000 euros.
Elle a été collectée avant 1938 par Charles Courtois, administrateur des colonies.
Selon le catalogue de Sotheby’s, seules trois autres têtes s’inscrivant dans le corpus des œuvres Kuyu sont référencées dans le monde.
Une fait partie des collections du British Museum, une autre de celles du Metropolitan Museum of Art.
Les quatre têtes, dont l’usage et la signification demeurent inconnus, ont toutes été collectées par Charles Courtois.
Le prix le plus élevé de la vente, 840.750 euros, va à une statue d’ancêtre Niembo de la Luika, toujours de qualité muséale.
Elle était estimée 350.000/500.000 euros.
Un sceptre Tshokwe (Angola) a pulvérisé son estimation de 70.000/100.000 euros en étant finalement payé 660.750 euros.
Parmi les lots les plus chers de la vacation, une statue féminine du bas Sépik, Papouasie/Nouvelle-Guinée, a été payée 384.750 euros sur une estimation de 100.000/150.000, une autre, masculine et de la même origine, a été emportée contre 576.550 euros (estimée 250.000/350.000) et une statue féminine du moyen Sépik a été échangée contre 552.750 euros (estimée 300.000/500.000).
La veille chez Christie’s, toujours à Paris, pour la même spécialité, mais pour un catalogue moins important en valeur, 73 lots sur les 143 présentés n’avaient pas trouvé preneur.
Soit quelque 50 % d’invendus dont, pour les lots les plus chers, un cavalier baoulé (Côte d’Ivoire, première moitié XIXe, 350.000/450.000 euros), une paire de statuettes Lobi, région de Diébougou, Burkina Faso (50.000/70.000), un masque Punu du Gabon (60.000/90.000) et un masque de la Nouvelle-Irlande (50.000/70.000).
Avec 570.000 euros de chiffre d’affaires, le prix le plus élevé de la vacation est allé à une statue Malagan (Nouvelle-Irlande) payée 37.000 euros.
Pierrick Moritz