photos du Congo
photos du Congo
Félix Nadar, Savorgnan de Brazza, photographie sur papier argentique, 9,5 x 7 cm.
Estimation : 200/250 €.
?À la découverte du Congo
?Visage émacié, barbe d’aventurier et regard fier… Décidément, Savorgnan de Brazza a tout du héros moderne. On connaît les actes de bravoure et les nombreuses actions en faveur de la libération des esclaves de cet officier de la marine française, qui reste dans les mémoires comme l’une des grandes figures de cette sombre époque de la colonisation française en Afrique. Né en 1852 à Rome, dans une famille aristocratique, Pierre Savorgnan de Brazza arrive à Paris très jeune, grâce au soutien de l’amiral Louis de Montaignac. Il suit les cours du collège Sainte-Geneviève puis entre à l’école navale de Brest, à seulement 17 ans. Après avoir navigué vers l’Algérie et les mers du Nord, il embarque, sous la IIIe République, sur la frégate Vénus, qui compte parmi ses principales destinations le Gabon. En 1874, il propose au gouvernement français d’explorer le fleuve Ogooué jusqu’à sa source. Si l’expédition est un échec – l’Américain Henry Stanley, à la solde des Belges, le devance dans la découverte du fleuve Congo -, Brazza établit déjà de bons contacts avec les peuples de la région. Il sera d’ailleurs à l’origine de la signature d’un traité de protection entre la France et le roi des Tékés, et de la fondation de Brazzaville. Mais bientôt, celui que l’on nomme le “père des esclaves” devient gênant pour la France. Opposé à un régime de concession des territoires du Gabon et du Congo, il est mis en disponibilité en janvier 1898. L’explorateur n’a jamais admis la soumission par les armes de ces terres africaines, dans une logique purement économique. Une rare personnalité, qui affleure dans ce portrait a priori conventionnel, saisi par un certain Nadar. Ce cliché fait partie d’un ensemble de documents et d’oeuvres d’art évoquant le Congo, à l’image d’une n’kissi, estimée 3 000/4 000 €. Cette statuette reliquaire s’orne d’une charge magique circulaire, comprenant notamment des coquillages et des dents, obturée par un fragment de verre fixé à la résine. Deux importants ensembles de documents anciens complèteront cette sélection. Un bel hommage à des hommes désintéressés partis à la découverte d’un pays qui ne les renie pas. En 2006, le gouvernement congolais a en effet souhaité rapatrier dans la capitale, qui porte son nom, la dépouille de Savorgnan de Brazza.
Louviers, dimanche 7 mars.
Jean Emmanuel Prunier SVV. M. Frey.
expert Expert Mr Frey Bruno
